Mais c'est surtout ta vie que nous devons célébrer, et tous les trésors que tu y a apportés
samedi 5 février 2011
Un hommage à ta vie, un hommage à ma mère, Klau del Sol
Mais c'est surtout ta vie que nous devons célébrer, et tous les trésors que tu y a apportés
mercredi 8 décembre 2010
Retour du legging fluo! Le Tour de bloc en Délire
On peut dire que la saison a bel et bien pris son élan. Déjà trois compétitions de passées dans l'est (malheureusement, dans l'ouest, il y en a très peu cette année, à tel point que leurs compétiteurs les plus forts viennent jusqu'ici pour se mesurer à nos athlètes!). La dernière compétition n'a pas été de tout repos selon certains (et certaines)... Du côté des filles, on semblait fatigué, peut-être un peu énervé par la présence, entre autres, des soeurs Weldon et de Eva Pépin-H. Les problèmes étaient difficiles et exigaient beaucoup de puissance
Une chose est sûre, les compétitions sont faites pour être un spectacle et les filles n'avaient pas oublié le legging, emblème de l'escalade sportive et thème de la journée!
Merci à Stacey Weldon pour ce choix de legging des plus magnifiques! Un legging de style léopard avec des reflets lumineux. Épatant! On dirait que ça lui a porté chance: elle a été une des trois compétitrices à réussir le premier problème, et facilement en plus. Stacey nous a offert un beau spectacle en terminant 3e, tout juste devant sa soeur, Vikki Weldon, venue de Calgary pour participer à ce festival de gros bras (à peine un essai de différence entre les deux, c'était chaud!).
En tout cas, des gros bras, il y en avait à Québec. Comme Terry Paholek, venu de Calgary pour arracher la première place en réussissant tous les problèmes de finales en cinq essais! Bon, impressionant, mais il ne portait pas le legging par contre... (comme aucun des gars d'ailleurs. Les juniors ont été plus audacieux, et on a vu plusieurs jeunes hommes avec de superbes leggings fluos le dimanche).
Sébastien Lazure, que vous verrez peut-être prochainement dans son film Psyche is High (si vous avez raté la projection à Vertical la semaine dernière), nous a encore une fois montré de quoi il était capable en montant sur la deuxième marche du podium.
Dustin Curtis a quant à lui terminé troisième. Les finales ont été assez difficiles pour les gars (euh...huh-huh... pour les filles aussi), et on a vu Dustin complètement exténué dans le dernier problème! Je le souligne, parce que c'est la première fois que je le vois aussi fatigué!
Katerine Martin a fait preuve d'une endurance incomparable en grimpant les problèmes de finale comme si elle grimpait une voie. Chalk, respire, étire, redescend, chalk, essai encore, ouf, pompée, respire encore, tombe! La grimpeuse, qui s'entraîne depuis peu au tout nouveau gym en outaouais, Altitude, risque de nous réserver de belles surprises cette année. Mais c'est surtout son beau legging qu'on admire dans la photo ci-dessus! Une excellente technique et une force de doigts du tonnerre... il manque peut-être un peu de dynamisme à Katerine, et le tour est joué!
Eva Pépin-Hélie méritait bien sa première place pour avoir porté le legging le plus flashy de le gente féminine. Un peu fatiguée cette journée-là, elle n'a pas réussi les quatre problèmes, comme elle l'a souvent fait par le passé, mais elle a tout de même été la seule à en réussir deux! Il faut dire aussi que la compétition était très relevée, et les problèmes m'ont paru assez difficiles!
lundi 8 novembre 2010
Première compétition du Tour de bloc 8 : Le spectacle ne fait que commencer!

Les podiums:
Mesdames
1- Stacey Weldon
2- Katerine Martin
3- Cloé Legault! (wow! sa première finale! à surveiller…)
Messieurs
1- Terry Paholek
2- Sébastine Lazure
3- Simon Forget
Pour visionner quelques vidéos, cliquez sur l'hyperlien suivant http://www.facebook.com/#!/altitudegym
Enfin! Après des mois d’attente, après un été à être pris pour grimper dehors, à se faire cuire au soleil, à se faire brûler les doigts sur du granit mal-poli, à se tirer des cordes à n’en plus finir, enfin! la saison de compétition est commencé! Alléluia! Et c’est à Altitude, le tout nouveau gym en Outaouais, dans MA NOUVELLE ville, à Hull, qu’avait lieu cette première compétition, qui s'est révélée un succès.
Bon, vous savez bien que je blague. Tout le monde sait que la VRAIE escalade, c’est dehors que ça se passe… que les gyms ont été créé pour s’entraîner quand il pleut ou il neige.

N’empêche, les compétitions ont ce petit quelque chose de spécial -une ambiance, une frénésie, un côté “spectaculaire”- qui fait en sorte que ce n’est pas comme une journée normale au gym. C’est une dose d’adrénaline différente du rocher, mais qui a sa place à mon avis dans le monde de la grimpe.

En tout cas, côté ambiance, les spectateurs n'ont pas été déçus à Altitude! Les finales, comme toujours, ont été le point fort de la journée. Les finalistes, huit hommes et six femmes, en ont mis plein la vue à la foule, qui en redemandait! Et pour couronner le tout, plusieurs se sont mis à taper au sol et à chanter pour encourager le dernier finaliste, David Heerema.
Les compétiteurs ont mené une lutte féroce et ont été très impressionnants, tant chez les hommes que chez les femmes. Chez les dames, Katerine Martin a fait un retour remarquable après avoir été absente de la compétition pendant deux ans (une heureuse nouvelle maman). Elle a remonté jusqu'à la deuxième place après avoir terminé quatrième en qualification. Heureusement qu’elle n’est “pas en forme” (selon ses dires) encore, parce qu’on aurait peur qu’elle arrache les prises! Il faudra suivre ses progrès et la voir se mesurer dans les mois à venir à Eva Pépin-Hélie.
Cloé Legault a aussi été très impressionnante pour une première présence en finale. Non pas que j’aie été surprise, parce qu'il est évident qu’elle a un mental solide et une force phénoménale, mais je sais que les finales peuvent être stressantes. Le public, le spectacle, la foule qui hurle... Cloé, elle, ne semblait pas vraiment nerveuse. Elle s’amuse, et ça lui réussi bien.
Quant à Stacey Weldon, elle nous a offert une performance impeccable, parfaite, un sans faute! Quatre problèmes sur quatre enchaînés à vue! Ça nous en bouche toujours un coin. Surtout que le deuxième problème était particulièrement traître, avec des réglettes minuscules et un long mouvement d’épaule.
Mais Stacey était en feu, je pense ne l'avoir jamais vue aussi solide. Elle a bien failli lâcher la prise, mais non, elle a tenu le coup, et a elle conservé la première place qu’elle avait déjà confortablement acquise en qualification.
Chez les hommes, ça s’est révélé un peu plus serré. Le classement a beaucoup changé en finale. On ne savait plus trop qui allait avoir la deuxième et la troisième place. Un beau spectacle, même si les problèmes manquaient peut-être un peu de "Glamour" (on a déjà vu plus impressionant, disons). Terry Paholek s’est taillé une première place solide en flashant les quatre problèmes.
Sébastien Lazure, fidèle à lui-même, est monté sur le podium en flashant trois problèmes sur quatre, et en enchaînant le second problème au deuxième essais. Encore une fois, le deuxième problème a été “tranchant” chez les hommes, et a permis de départager les gagnants. L’avant-dernière prise était moins bonne qu’elle en avait l’air, et plus de la moitié des hommes se sont fait “pincer” au premier essai, et on raté la prise, pour ensuite se reprendre plus délicatement au deuxième essai.
Finalement, Simon Forget -nouvellement dans l'équipe Allez Up- a lui aussi décroché un podium. Il était ex-equo avec Lazure, et on a dû aller chercher dans le pointage des qualifications pour départager la deuxième place.
Donc une belle compétition avec des gens forts et motivés. Je sens que la compétition va être enlevante cette saison, du moins chez les femmes (je fais vraiment du favoritisme, je sais!). Avec le retour d’Eva Pépin-Hélie (équipe Allez Up) et de Katerine Martin, la présence de Bonnie de Bruijn, de Stacey Weldon, de Mélissa Lacasse (Vertical), de Kerry Briggs, d'Evelyne Lapierre (équipe Allez Up), l’arrivée de Cloé Legault (équipe Allez Up), et j’en passe! Je sens qu’on va commencer à s'entraîner un peu plus fort chez les dames!
Et avec l’arrivée de la toute nouvelle équipe Allez up (je prêche encore pour ma paroisse!) -une belle palette de grimpeurs solides qui vont s’entraîner comme des défoncés-, parmi lesquels quatre ont fait les finales (Izzy Friedman, Simon Forget, Cloé Legault et Evelyne Lapierre), le spectacle ne fait que commencer!
Le seul bémol de la journée : les problèmes manquaient un peu d’originalité, selon certains. Comme je n’ai pas grimpé, c’est difficile de commenter là-dessus. Les problèmes de finales ne m’ont pas semblé des plus spectaculaire, mais ils étaient quand même de qualité. Et la foule a semblé apprécié.
Il faut aussi souligner le beau travail de l’équipe d’Altitude, qui a fait en sorte de construire un beau mur à 45 degré deux jours avant la compétition. Ce qui a permis d’avoir plus de problèmes durs et de qualité.
Aller consulter le site de Tour de bloc pour en savoir plus sur les prochaines compétitions, pour participer ou pour venir encourager nos athlètes! Vous pouvez aussi consulter les résultats de la compétition à http://tourdebloc.com/TDB8/results.html. D'ailleurs, bravo à Luidgi Montilla pour avoir publié les résultats rapidement, le lundi suivant l'événement!
Soyez au rendez-vous pour les prochaines compétitions. Guelph Grotto le 20 novembre, et Délire à Québec les 4 et 5 décembre!
Un gros merci à toute l’équipe d’Altitude pour avoir travaillé aussi fort, à Jody Miall, Luidgi Montilla et Dustin Curtis, qui a animé la foule avec brio!
lundi 1 novembre 2010
Retour aux sources
Idéalement, si vous arrêter pendant quatre à huit semaines, il ne faut pas tout arrêter. On peut se donner une ou deux semaines de repos complet, mais après, on veut garder la forme - et même l'améliorer - en faisant d'autres sports ou exercices: course, vélo, natation, poids. On veut aussi en profiter pour guérir ces petits bobos et travailler nos muscles antagonistes.
Si vous êtes vraiment motivés, vous en profiterez aussi pour améliorer votre ceinture abdominale en faisant des abdos de toutes sortes et des exercices de renforcement des muscles du dos.
Pour ma part, ce que j'ai vraiment aimé de cette période de repos, c'est que quand j'ai repris l'escalade, j'ai retrouvé des sensations que je n'avais pas eu depuis longtemps. Pour me remettre dans le bain, je suis allé passé un week end à Kamouraska, cette magnifique falaise blanche dans le bas du fleuve.
Je dois avouer que j'ai un peu de mal à me remettre à m'entraîner cette année. J'ai envie d'être à l'écoute de mon corps, et il me dit d'y aller molo. Alors j'y vais molo. Mais une chose est sûre, je prends énormément plaisir à grimper, que ce soit au gym ou à l'extérieur, et je suis à l'écoute. Et c'est, au fond, ce qui compte vraim
vendredi 10 septembre 2010
Il était temps: vivre le processus

"Il était temps!" C'est le nom d'un problème de bloc de Squamish (It's About Time, un V5-V6 très exigeant). Je l'ai finalement réussit. Le temps... Ça été mon thème la semaine dernière. Le moment présent. Vivre le processus, sans penser au résultat. J'ai mis deux mois pour y parvenir. Pour comprendre que je devais apprécier de "travailler des blocs durs" si je voulais les réussir. Pour accepter aussi que ce n'est pas important que je réussisse ou non.
J'ai finalement compris un peu comment mon cerveau fonctionnait. Comment je devais aborder l'escalade pour "sender". Après une semaine de repos complète au mois d'août, je suis retournée à Squamish avec l'intention de me concentrer sur un seul problème de bloc, The Fuzz, un V7 que j'avais essayé avant de partir. Je me suis dis: "Ok Aryane, tu vas y arriver, même si ça te prend une semaine, et tu vas y mettre toute ton énergie. Tu vas t'amuser à "travailler" le problème."

Session de nuit, The Fuzz
Et ça a marché! Après quelques séances, à une dizaine d'essais par séance, je l'ai enchaîné. Ça n'a certainement pas été facile, et chacun de mes essais était "limite", ce qui signifie que je ne pouvais faire plus d'une dizaine d'essais avant d'avoir mal partout. Mais en y repensant, si je l'avais réussi en moins d'essais, disons vingt, j'aurais été contente, mais j'aurais été beaucoup moins forte par la suite! C'est un excellent training! Physiquement et mentalement. C'est vrai, maintenant je peux facilement donner trente essais dans un V5 sans être trop fatiguée!
Dans les jours qui ont suivi, j'ai commencé à me sentir vraiment plus forte. J'avais moins peur des sorties (Top out) et j'arrivais à me concentrer sur les mouvements plutôt que sur le résultat (réussir ou non). Je respirais mieux et je me sentais plus relax.
J'ai fais un retour en arrière et j'ai essayer de réussir tous les problèmes de blocs que j'avais essayé plus tôt dans l'été. Ça m'a fait du bien de sentir que je pouvais "réussir" des blocs et essayer des choses un peu plus dures. Mais au fond, ce n'est pas si important...
C'est sûr qu'on est content de réussir. On se sent plus léger. On a l'impression d'avoir atteint un objectif. Mais en vérité, il faudrait être tout aussi satisfait à la fin de la journée, même si on a pas "sendé". Je sais, c'est difficile. Mais avez-vous remarquez que vous performez mieux lorsque vous avez moins d'attentes?
Je ne suis pas la seule qui se fait prendre au piège de la performance. On a presque tous "une cote limite", une cote qu'on veut réussir à tout prix mais qui nous met au défi parce que notre tête pense ne pas pouvoir l'atteindre, ou simplement parce qu'on veut tant réussir... À ce sujet, je vous suggère d'aller lire le commentaire de Mark Stirling sur 8a.nu, intitulé "When is Enough, Enough?"
Dans mon cas par exemple, lorsque j'arrive dans le 5.12, j'ai de la difficulté à "enchaîner" les voies. Même dans le 5.12a, alors que je parviens à faire tous les mouvements dans des 5.12c, et même dans une 5.13a! Quand je ne me met pas de pression, on dirait que je peux tout faire, et dès que j'y tiens vraiment, ça devient difficile... Pour un de mes amis, c'est différent. Il réussit des 5.12d en moins de dix essais, mais il n'a jamais réussit à "finir" une 5.13a (pas enchaîner, mais simplement se rendre en haut).
C'est là qu'on sait que notre tête nous joue des tours. Et la tête, elle est pas facile à maîtriser. Il y en a qui sont forts physiquement, d'autres techniquement, et certains le sont mentalement. Ce sont les plus forts à mon avis! Alors entraînez-vous à prendre plaisir au processus. Voyez chaque essais comme un exercice, une répétition, un entraînement. Et si vous enchaînez, soyez contents. Et si vous n'enchaînez pas, dîtes-vous que c'est excellent pour le training!
Bonne grimpe!
mardi 3 août 2010
Leçon d'humilité à Squamish...
Au contraire, depuis que je suis ici, je me rends surtout compte de mes faiblesses, de mes lacunes, des mes peurs qui refont surface, de vieux fantômes que j'avais crû évanouis. J'arrivais avec des attentes et des objectifs de "performance" bien précis, pour vite m'apercevoir qu'il fallait bien plus d'énergie que ce que j'avais pour les atteindre. J'ai donc décidé de lâcher prise un peu et de retrouver le plaisir que j'avais auparavant quand je découvrais l'escalade, beaucoup grâce à l'escalade traditionelle, qui s'avère plus souvent pour moi une aventure qu'un acte de performance.
J'en ai discuté avec plusieurs personnes cette semaine et, apparemment, je ne suis pas la seule à vivre cette "leçon d'humilité", ici, à Squamish. La roche dans le coin a quelque chose de spécial. D'abord, elle est extrêmement variée. Ensuite, il y a beaucoup de mouvement qui requierent moins de force que de souplesse ou de dextérité, en plus d'une bonne capacité à supporter la douleur, ce qui n'est pas tellement dans mes cordes en ce moment. On peut se vanter une journée d'avoir réussi une côte, et se faire botter le derrière le lendemain sur une voie d'échauffement qui n'est pas dans notre style...
Mon projet de l'été: Le Grand Wall
Sans trop m'en apercevoir, la voie ultra classique de Squamish, The Grand Wall, une 5.11a en escalade traditionelle, est sournoisement devenu mon projet de l'été. Au début, ça ne m'avait pas tant frappé. Je voulais faire l'ascension du mur, "me rendre en haut" comme rêvent tous les grimpeurs qui ont les yeux tournés vers le ciel. Puis, tout le monde me parlait de cette voie, de sa beauté, de sa difficulté...
Je voulais aussi m'améliorer en trad et atteindre le 5.10+ ou 5.11-... comme par hasard la cote de la voie en question. Puis, c'est devenu de plus en plus évident. La voie m'appelait, me réclâmait... et je n'était pas assez forte pour me lancer dans son ascension. Je devais chercher quelqu'un de plus fort que moi, quelqu'un qui pourrait me "backer" comme on dit en bon québécois... et plus le temps passait, moins je trouvais...
Un jour, je me suis aperçu que j'essayais de devenir assez forte pour pouvoir y arriver. Et même si je sentais que je n'étais pas encore au niveau, après deux mois d'escalade consécutive, je n'avais plus le choix, il fallait que j'essaye! Comme Yan et moi on venait de réussir notre première 5.11a à vue, je l'ai facilement convaincu de se lancer dans l'aventure dès le lendemain. Avant qu'il mouille, avant que je parte pour Nanaïmo, avant que je me dégonfle et que j'abandonne ce projet...
Le Split Pillar: "a 5.10b with a feel of 5.11" (c'est ce qu'on m'a dit...)
Arrivé à la cinquième longueur, le fameux Split Pillar dont j'avais tant entendu parler, j'ai commencé à ressentir de gros papillons. Il faisait chaud et humide, je souffrais d'un manque de sommeil, et je savais que cette longueur était soutenue et d'un style qui m'était inconnu. Dès que mes pieds ont quitté le relais, mon rythme cardiaque a accéléré, j'ai perdu ma tête, mon calme. J'essayais de placer des protections à tous les mètres, j'étais complètement intimidée par la voie. Chaque pas me montrait à quel point j'étais faible et naïve, et à quel point je n'étais pas assez forte pour escalader le Grand Wall. J'ai pris à sec, tiré sur mes camalots quand la fissure est devenue trop large. J'ai ragé et je me suis découragée...
J'ai continué de peine et de misère et, dans les derniers mètres, quand j'ai atteint la cheminée, j'ai failli perdre pieds et perdre la tête. Je ne voulais plus. Je voulais abandonner, dire à Yan que je n'allais pas y arriver. Je voulais même pleurer. Mon coeur battait trop vite, j'avais l'esprit embrouillé. J'étais trop claustrophobe pour entrer dans la cheminée... j'ai redescendu, j'en suis sortie, j'ai regardé partout, désespérée... j'ai continué, pas à pas, un genou coincé dans la cheminée et les pieds en adhérence, j'ai terminé la voie presque désespérée. Le Split Pillar m'avait écrasée, mis en bouillie, il m'a rendu plus humble et plus réaliste. J'en suis ressortie changée, et je venais de vivre la plus grande leçon d'humilité de ma vie de grimpeuse!
Ensuite, étrangement, malgré la pluie qui a failli nous forcer à redescendre, on a continué. On a hésité un moment. Je me sentais épuisée et faible, et j'avais peur de ne pas y arriver. Yan n'était pas prêt à tout faire en premier de cordée et je n'étais pas certaine d'avoir la force de grimper en tête après mon échec. Comme on était parti avec une seule corde, on n'avait pas tellement le choix... mais le groupe qui nous suivait nous proposait de redescendre avec leur corde: en gros, si j'abandonnais, tout le monde abandonnait. Alors j'ai eu un regain d'énergie, une révélation, et j'ai crié: Allez Yan, on y va, même si c'est encore mouillé! Et il est parti dans The Sword (5.11a).
Mon esprit s'est allégé. J'ai repris un peu mes moyens et j'ai affronté les longueurs suivantes. C'était dur. Long. Magnifique. Au départ, j'avais décidé de faire en tête les longueurs qui me plaisaient le moins (Le Split Pillar et Apron String) et j'en payais le prix, mais j'aimais aussi énormément le fait de devoir me battre pour atteindre le sommet.
Je pense que ça a été l'une des plus belles journées d'escalade de ma vie. Peut-être même une des plus belles journées de ma vie tout court. Je ne rêve plus qu'à ça depuis deux jours.
Merci Yan. Merci Squamish. Et merci au Split Pillar!
vendredi 9 juillet 2010
Loin de la ville...
Hé oui, Aryane fait du pouce à nouveau! Retour à mes sources aventurières!
Bref, mon coeur bat désormais au rythme que m'impose la nature, la température, le soleil. Les nuits humides et froides qui me tourmentaient ont maintenant fait place à une quasi-canicule. On dort bien, mais c'est un peu chaud pour grimper au soleil, plus de 30 degré depuis trois jours.
À mon grand désespoir, je n'ai pas encore grimpé le Chief (et je le regarde chaque jour avec espoir de le faire), faute de partenaires assez forts ou motivés, mais j'ai eu la chance de m'exercer en multipitch et de m'améliorer en escalade traditionnelle. Jusqu'à maintenant, j'ai fais l'ascension de l'Apron - une immense dalle (slab) d'environ 200 mètres à la base du Chief - à trois reprises.
La première fois, je me suis lancée dans Banana Peel, une des voies les plus fréquentées. Plusieurs la font en solo (grimpe sans corde ni protection) ou en simul (escalade simultanée, les deux grimpent en même temps avec peu de protections). D'ailleurs, c'est un de mes objectifs de l'été (grimper en solo...). J'ai adoré Banana Peel, mais je vous le conseille uniquement si vous êtes fort dans la côte (5.7) ou alors si vous avez un mental en béton.
Les longueurs, souvent une dalle lisse et merveilleusement brillante, sont souvent difficiles à protéger et pourraient en intimider plus d'un (ou d'une...). Pour ma part, j'ai réussi à rester calme et le tout c'est assez bien déroulé. Souvent, on se retrouve à poser 4 ou 5 protection sur une longueur de 40 mètres, juste assez pour dire qu'on ne tombe pas jusqu'en bas...
Cette semaine, j'ai aussi fait St Vitus Dance (5.9) et Snake (5.9). J'ai vraiment adoré St Vitus, une fissure large et verticale qui force à bien coincer les pieds et les mains. Étrangement, la longueur la plus dure et la plus soutenue était cotée 5.8...
J'ai été un peu déçue par Snake, une voie apparemment cinq étoiles???, parce que la roche était un peu patinée et parce que ça m'a semblé presque trop facile... à mon avis, Banana Peel et St Vitus Dance valent plus le détour. J'aimerais en profiter pour vous parler d'un petit truc que j'aime bien pour sauver de l'espace et du temps lorsque vous partez faire plusieurs longueurs. PRENDRE DES PHOTOS DU LIVRE-GUIDE! Ben oui, on peut aussi photocopier les pages, mais en camping les photocopieuses ne courent pas les rues! En plus, c'est agréable d'avoir quelques souvenirs de notre aventure, alors l'appareil-photo a une double-utilité!
Squamish dispose vraiment de tout, pour tous les goûts et tous les grimpeurs. Non seulement ça permet de varier le style, mais ça change aussi le mal de place! T'as mal aux bouts de doigts à cause du bloc, va faire du sport! T'as les pieds endoloris par les fissures, va faire un multipitch en dalle! Jusqu'à maintenant, je grimpe environ cinq jours par semaine: deux jours de sport, deux jours de trad et une ou deux journées de bloc.
Après un mois, mon corps s'est finalement endurci et mes blessures sont pratiquement disparues, je peux commencer à me donner à fond. J'essaie de grimper trois jours de suite et de prendre un jour de repos COMPLET. Souvent, je fais une journée de trad, une journée de sport et une journée de bloc. Cette semaine, y'a même eu des jours où j'ai fais des "doubles"! Six à sept longueurs de trad le matin suivies de quelques voies de sport bien dures. Le lendemain, quelques longueurs simples en trad le matin suivies d'une séance de bloc de nuit avec un fanal!
Le bloc de nuit, c'est génial pour l'ambiance, et pas mal pour la friction (la roche froide colle mieux)! Je vous le conseille fortement, parceque se retrouver en forêt dans une mer de bloc infinie, c'est assez inhabituel.
Je ne suis pas encore à mon meilleur en terme de force, mais j'ai quand même eu quelques belles réalisations cette semaine. Mon premier V6 en bloc (Sit Down to Holm Boy), mes premières 5.10 dures en trad: deux 5.10b à vue et un essai assez bon dans Exasperator, 5.10c, un classique du coin. C'est d'ailleurs une voie que j'aimerais réussir dans les prochains jours. J'ai aussi l'impression de devenir une grimpeuse plus complète et d'explorer des styles extrêmement divers: dalle, vertical, fissures, bloc, dévers...
Autre points saillants de mon séjour: l'arrivée de "Team Allez Up", aka Fred et Nic Charron, et leur super motivation à faire du bloc en tout temps, jour et nuit; la persévérence des frères Bourassa-Moreau à réussir le multipitch Black Dyke (5.13b, 7 longueurs); l'archarnement de Pewee Ouellette dans son entraînement d'enfer (bloc le matin et essais dans Cobra Crack en après-midi) et, finalement, la présence motivante d'un grand nombre de filles fortes et déterminées (Nadine, Isabelle, Amanda et tant d'autres!).
Bon, maintenant, deux jours de repos complet, pis après, je démarre la machine! L'ascension du Chief et plusieurs problèmes de blocs sont dans ma mire cette semaine!