J'écris ce blog pour faire connaître mon sport - ma passion - à tous. Certaines sections s'adressent surtout aux débutants, comme la rubrique "Gestuelle et techniques d'escalade", d'autres relatent mes voyages ou bien les dernières compétitions auxquelles j'ai participé ou assisté. N'hésitez pas à me laisser vos commentaires!

samedi 8 mai 2010

Plus que deux semaines...


Ça devait bien arriver. J'ai terminé mon baccalauréat hier (enfin, une chose de réglée), et ce matin je me lève en pensant «bon, prochaine étape, les Championnats canadiens»! On passe vite d'un projet à l'autre dans ce monde constamment en mouvement... Bon, c'est pas comme si je n'y pensais pas depuis des mois, mais là ça devient vraiment concret, au point où il serait temps que je m'inscrive officiellement pour participer!

J'ai participé pour la première fois aux «Nationaux» (Championnats canadiens de bloc) l'an dernier à Allez Up . À ce moment là, je me demandais bien pourquoi j'y allais. Je suis revenu d'un voyage d'escalade à Red River Gorge en autobus pour ça! J'étais complètement morte de fatigue et plus très motivée, alors je me suis questionné quant à mes motivations profonde. En plus, j'étais probablement parmi les moins forte de ma catégorie...

Finalement, je me suis classée 20e sur 22! Puis, le lendemain, 1ere sur 8! Mais ça, c'est pas vraiment important. Ce qui est génial, c'est que j'ai vécu une expérience inoubliable, rencontré des grimpeurs et surtout des grimpeuses passionnés de partout au Canada et vécu des émotions fortes. Je ne regrettais pas du tout le retour forcé de Red.

J'ai pas de photos de moi des Nationaux, alors en voici une de Vertical!


Photos de Catherine Léveillé
Vertical 2010

Je participe aux compétitions du Tour de bloc depuis maintenant trois ans, et je n'ai jamais hésité à y aller. Cependant, je suis toujours déçue de voir que peu de femmes et de filles osent participer. Récemment, même si je trouve que plus de filles s'inscrivent dans Open, il arrive qu'il y ait seulement une, deux ou trois filles dans les autres catégories!

Hé les filles, come on! Les compés sont ouvertes à tous (même si vous grimpez du V0!), et pas besoin d'être forte pour y aller! C'est un événement qu'il faut prendre à la légère au début et voir comme un super entraînement qui travaillent tous les aspects - physiques, techniques et mental-, de votre pratique. Comme me l'a dit Bonnie de Bruijn quand je lui ai demandé s'il fallait être forte pour participer: «You don't need to be strong to compete, competing WILL make you stronger».

J'ai posé quelques questions à des participantes du Tour de bloc, pour connaître leurs motivations. Voici ce qu'elles m'ont répondu.


Véronique Gosselin



Pourquoi est-ce que tu participes à des compétitions d’escalade?

Pour l’apprentissage, pour les défis. Chaque compétition me démontre une nouvelle lacune dans ma pratique, me donne l’occasion d’apprendre en effectuant plusieurs problèmes, me permet d’aiguiser ma concentration, de contrôler mes émotions. C’est aussi très inspirant de voir les autres filles, et je sors toujours d’une compétition avec une nouvelle bouffée de motivation.
Dernier point, les compétitions me permettent de rencontrer d’autres grimpeurs et grimpeuses, et ces nouvelles rencontres sont toujours enrichissantes!

Ça fait déjà assez longtemps que tu participes à des compétitions, tes motivations ont peut-être changé. Qu’est-ce qui te garde, qui est le plus fort, qui fait que tu as encore envie de continuer?

Je continue d’apprendre! Et si ce n’est pas sur ma technique de grimpe, c’est sur moi-même.

Quand on est déjà assez forte, qu’on est pas mal au sommet de notre art, qu’est-ce qui fait qu’on veut encore participer au Tour de bloc?

Ce n’est pas mon cas… je ne me sens jamais au sommet de ma forme, je cherche toujours à m’améliorer. Puisque je n’ai jamais suivi religieusement un circuit de compétition, mais que je participe plutôt de façon sporadique à certaines compés qui s’intègrent dans mon horaire, chaque compétition m’apporte le même niveau de stress, ce qui me fait sortir de ma zone de confort et favorise mon apprentissage.

Crois-tu qu’il faut être forte pour s’inscrire à une compétition? Est-ce que tu participes même quand tu n’es pas entraînée ou prête, juste pour le plaisir d’y être?

Si je prends le temps de bien définir mes objectifs personnels, par rapport à moi-même et à mon niveau de forme temporel, chaque compétition est pour moi source de plaisir. Forte ou pas!





Véronique Gosselin, régionaux 2010
Photo: Nic Charron

Stéphanie Bénard



Pourquoi est-ce que tu participes à des compétitions d’escalade?

J'aime énormément participer à des compétitions de blocs puisque ca me permet d'essayer pleins de nouveaux blocs avec des styles différents. Aussi, c'est très motivant pour l'entrainement. À chaque compétition, ma motivation à m'entrainer et devenir plus forte est toujours plus grande! Pour moi, la compétition est aussi un bon outil pour travailler mon mental, parce qu'à chaque fois, je dois travailler sur mon stress, ma respiration, etc. Enfin, lors des compétitions, tu peux rencontrer des personnes amusantes qui ne grimpes pas nécessairement à ton gym maison et tu peux créer des liens et apprendre de nouvelles choses concernant l'escalade.

Ça fait déjà assez longtemps que tu participes à des compétitions, tes motivations ont peut-être changé. Qu’est-ce qui te garde, qui est le plus fort, qui fait que tu as encore envie de continuer?

Au début, mon objectif en compétition était de gagner la catégorie débutant, ensuite, c'était de gagner expérimenté et maintenant, lors des compétitions, je vises le plus possible les finales! Il est certain que le calibre des filles open est très fort, mais c'est motivant à se surpasser encore plus!

Crois-tu qu’il faut être forte pour s’inscrire à une compétition? Est-ce que tu participes même quand tu n’es pas entraînée ou prête, juste pour le plaisir d’y être?

Pas du tout, j'essaie par ailleurs de motiver les personnes plus débutantes à essayer la compétition. La compétition fait parti des facteurs, je crois, qui font devenir une personne plus forte, car les 3-4 heures que tu grimpes représente un excellent entrainement. Et non, je participes à toutes les compétitions que je peux, même si je ne suis pas au sommet de ma forme, car j'aime découvrir des nouveaux gyms.

Jessica Bénard

«Les compétitions m'ont fait grandir énormément, car depuis, je prends plus de risques et je gère mieux mon stress. Je crois qu'avec la compétition, tu apprends la discipline, l'humilité, la remise en question et le dépassement de soi. Aussi, j'adore la gang qu'on côtoie à chaque événement! Le point le plus important, c'est que les gens s'entraident. On dirait qu'on est plus en compétition contre soi-même que contre les autres.»


MERCI LES FILLES! À BIENTÔT!

samedi 1 mai 2010

Val-David : accès menacé




Ceux qui sont allés récemment à Val-David ont peut-être remarqué des pancartes indiquant que le parc est actuellement fermé. En effet, la municipalité de Val-David, qui a signé une entente de 10 ans auprès de la FQME en 2001, souhaite résilier le bail accordé à titre gratuit à la FQME et prendre en charge la gestion du Parc, afin de combler le déficit municipal.

Si vous êtes membres de la FQME, vous avez probablement reçu un courriel à ce sujet la semaine dernière. On informait les membres que : « Actuellement, les parois d’escalade de Val-David sont toujours sous la couverture d’assurance de la FQME. Bien qu’il ait été indiqué à l’entrée du site par le village de Val-David que le parc d’escalade est fermé, nous sommes d’avis que nos membres peuvent s’y rendre comme à l’habitude. »

Bien sûr, cette situation ne plaît pas à la FQME et à bon nombre de grimpeurs ou d’équipeurs, qui risquent de « retirer » des protections fixes installées bénévolement au cours des dernières années.

On peut aussi craindre que les frais journaliers ou annuels soient plus élevés qu’auparavant. Bref, une situation à surveiller. La communauté de grimpeurs devra probablement s’intéresser aux débats à venir si elle ne veut pas en payer les frais!

L’appel est lancé.

vendredi 30 avril 2010

J'ai trouvé ma voie!




Et oui, cette semaine, je l'ai trouvé. Ma voie. Une belle voie technique, variée. Bon, j'ai pas trouvé "le sens de ma vie", c'est pas ce que je voulais dire... je suis simplement retournée à Baldi, petite paroi que j'adore dans les Laurentides, et je me suis lancée quasiment pas échauffée dans Ulysse (5.13a??? je suis folle ou quoi!). J'avais déjà essayé l'année dernière, en fin de journée, essai soldé par un échec.

Depuis maintenant près de 7 ans que je grimpe, je n'ai pratiquement jamais travaillé de voie, eu de "projet" comme on dit dans le jargon du grimpeur. Moi, je n'ai jamais tellement utilisé ce terme. À cause de ma formation en traduction et de la quasi-psychose qu'on nous fait vivre au sujet des angliscimes, le mot me rebute. À mon avis, le mot projet n'a pas le même sens en anglais et en français. En français, une fois qu'on a entamé un projet, ce n'est plus un projet, cela devient concret. Un projet, en français, ça doit être encore au stade de l'idée.

Bref, c'est pas tellement important. Parce que c'est tellement plus facile de dire "projet" plutôt que d'utiliser une périphrase comme "la voie que je travaille". Mais moi j'ai choisi d'utiliser le terme "ma voie". C'est une façon bien possessive de s'approprier le rocher. Elle n'est pas seulement à MOI, c'est sûr. Mais dans mon coeur, je l'aime, je vais la travailler, alors elle est un peu à moi!

En tout cas, une chose est sûre, j'espère la réussir cette année!

Voici quelques photos prises au cours de mon essai dans Ulysse l'an dernier.

mercredi 28 avril 2010

For a life that rocks!

Compétition Vertical 2010
Photo: Nic Charron

I want to devote my life to climbing. This is what my title stands for. "Le fil d'Aryane" comes from greek mythology. I've recently learn that it is also a piece of equipment use in climbing, as well as the name of a couple of routes... seems like a good call to me!

We will see where this blog will brings me. I am planning on writing in both French and English, writing a parrallele English blog called Make Your Own Path (I don't want to translate everything, but say things in the language that first comes to my mind! love living in a bilingual country!).

I want to share as much as I can about climbing, travelling, competing and else, post pictures and videos from friends and much more! If anyone has pictures, videos, or ideas they want to share, please feel free to drop me a line!

mardi 27 avril 2010

Le fil d'Aryane? C'est plutôt une corde!

Et voilà, je me lance! Comme toujours, tête première, sans trop réfléchir. J'entame ce blogue qui me trotte en tête depuis un moment. C'est que l'adrénaline est la source qui me nourrit, et voilà qu'après des mois de cogitation inutile, je largue les amarres. Impulsive, irréfléchie, je franchis les dangers... et ensuite je réévalue.
Essai dans Léonardo, 5.13b
Photo: Nicolas Charron
http://www.nicolascharron.com/

Le fil d'Aryane, c'est l'histoire qu'on me raconte depuis ma tendre enfance. Pour ceux qui ne la connaissent pas, Ariane, ou Ariadne, était une princesse grecque, fille de Minos. Séduite par Thésée, qui devait être sacrifié dans le labyrinthe où se trouvait le Minotaure — monstre mi-homme, mi-taureau — elle lui a offert un fil de lumière, afin qu'il puisse retrouver son chemin. Malheureusement pour la pauvre Ariane, Thésée l'abandonna sur une île déserte pour se farcir sa soeur (sacrés Grecs, ils ont le don d'avoir l'air de beaux salauds!). La fin est toutefois magique et me fait toujours un peu rêver. Le Dieu du vent, passant près de l'île, s'est vite épris de la jeune fille et il l'épousat, faisant d'elle la Déesse du vent. C'est-ti pas beau?

Dans mon cas, le fil, c'est plutôt une corde. Une corde dynamique, pour bien amortir les chutes. Une corde raide, quand je pense aux risques que je prends à l'occasion. Une corde sensible en raison de mon côté susceptible et émotif. Une corde solide, lorsque je me rappelle toutes les épreuves traversées dans cette vie. Une corde vibrante, en raison de tous les émois qui m'ont fait grandir, au fil du temps, des voyages et des rencontres. Une corde parfois neuve, souvent usée, rugueuse, fine ou mouillée...


Pourquoi donc créer un blogue? De quoi parler? Quels sujets aborder? En quoi sera-t-il différent, intéressant, vivant? Que de questions, que d'hésitations... Parler de moi? De mes petites et grandes aventures? Partager ma passion de l'escalade, du rocher, du mouvement? Laisser l'empreinte d'idées trop souvent évanescentes pour resserrer les liens qui nous unissent?

Oui, un peu de tout ça. Voilà à quoi ressemblera mon blogue. Pour les grimpeurs néophytes, il pourra être une porte d'entrée vers un monde nouveau de verticalité. Pour les grimpeurs aguerris, une façon comme une autre de procrastiner. Pour ceux qui ignorent tout de l'escalade, par exemple certains membres de ma famille et plusieurs amis, une façon peut-être d'en savoir plus et de comprendre pourquoi je suis si contente quand je dis "wow, je me suis rendue en haut d'une 5.13", et qu'en retour j'ai un sourire mi-figue, mi-raisin et un petit « OK, alors tu veux du beurre ou de la margarine?».


Je vais donc parler d'escalade, bien sûr, avec tout ce que cela implique : sites, compétitions, voyages, techniques, gestuelle, matériel. J'en profiterai aussi pour y mettre une touche de poésie, de philosophie, de réflexion du dimanche, parce que ça rend la vie tellement plus colorée! Non mais c'est bien beau l'escalade, sauf qu'au bout du compte, qu'est-ce que ça m'apporte? En tout cas, financièrement, ça rapporte peu, mais humainement, c'est inchiffrable!

L'escalade, c'est plus qu'une passion, c'est aussi un mode de vie. Une sorte de sous-culture... un monde à part où les voyages ont une importance capitale et où les chiffres, ou cotations, ont trop souvent le gros bout du bâton. L'escalade, c'est un peu comme ma drogue à moi, et aussi mon obsession. Retrouver les frissons des premières grimpes, renouveler la sensation ultime de dépassement de soi, de peur, de fierté. Toute cette gamme d'émotions et de sensations qui nous font grandir, mais qui nous rendent aussi parfois un peu épais. La vie quoi!