J'ai décidé d'écrire ce blog pour faire connaître mon sport, ma passion, à tous. Certaines sections s'adressent surtout aux débutants, comme la rubrique "Gestuelle et techniques d'escalade", d'autres relatent mes voyages ou bien les dernières compétitions auxquelles j'ai participé ou assisté. N'hésitez pas à me laisser vos commentaires!

dimanche 27 mai 2012

Le temps des récoltes : atteindre ses objectifs

Dimanche matin - Journée de repos, je vais encourager
 les marathoniens
D'ici une semaine, je m'envolerai pour une splendide île de pêcheurs d'éponge appelée Kalymnos, afin de gravir ses stalactites de calcaire qui surplombent l'océan. Il y a maintenant plus deux mois, j'ai attaqué de front trois gros projets sportifs et personnels qui ont été extrêmement exigeants mentalement et physiquement. Courir un 10 km lors du Ottawa Race Week End, reprendre l'escalade trois jours semaines - en espérant revenir à mon niveau d'il y a trois ans - et passer un examen d'admission à la maitrise en interprétation.

Ça été une pure coïncidence, mais ces trois gros événements avaient tous lieu la même semaine! C'est donc dire que je devais planifier avec soin mes entraînements, mes repas, mes heures de sommeil et mes jours de repos. Le plus dur a probablement été d'étudier, parce qu'après des journées entières à traduire (c'est mon travail), j'ai bien souvent juste envie de décompresser en me défoulant dans le sport, et non de lire et d'étudier.

En gros, les deux derniers mois on ressemblés à ceci: deux jours d'escalade au gym, une journée à l'extérieur le week-end, deux ou trois courses par semaine, au moins une longue (8 à 12 km) et une journée avec des intervalles, une journée de repos complet, trois ou quatre jours de vélo à rythme assez lent (10 à 20 km). Comme j'alternais une journée de course, une journée d'escalade, je traînais toujours une certaine fatigue (même si je dois admettre que la course m'aide à récupérer de la grimpe); je faisais donc surtout des séances sous-maximales, avec de bons échauffement et un maximum de voies.

Éventuellement, j'ai commencé à mettre en place un plan d'entraînement qui ressemblait à celui mis à l'épreuve en course, soit une journée de grimpe sous-maximale, une journée avec des voies plus difficiles et une journée sans plan particulier (généralement à l'extérieur).

Lorsque j'ai écrit mon billet du mois dernier sur l'endurance fondamentale, j'avais repris sérieusement l'escalade depuis deux ou trois semaines, à deux jours semaines. Après la rédaction du billet, je me suis remise à trois jours semaines à un rythme constant. Ça me fait extrêmement de bien mentalement, parce que l'escalade est ce que j'aime le plus au monde, et lorsque j'en fait régulièrement, après deux jours sans grimper, j'ai déjà envie d'y retourner!

 Je prévoyais donc faire 3 semaines d'endurance fondamentale, soit des 20 à 30 minutes sur le mur ou des escaliers russes (grimper jusqu'à la première dégaine, dégrimper, grimper jusqu'à la deuxième, dégrimper, et ainsi de suite), deux jours semaines au gym et une journée à l'extérieur, sur de la vraie roche.

Évidemment, comme c'est souvent le cas dans ce genre d'entraînement, il a été difficile pour moi de trouver des partenaires motivés à assurer ou à grimper 20 minutes, et aussi de trouver des voies au bon niveau lorsque le gym est plein à craquer. Mais peu importe la séance, je commencais toujours par un échauffement rigoureux de 20 à 30 minutes, soit en arrivant à vélo du travail suivi de quelques traverses ou en m'échauffant au gym avec des jumping jack, de la corde à sauter, des pompes, des abdos, des poids et deux trois traverses faciles de cinq minutes chacunes.

Je ne dirais pas que mes entraînements d'escalade étaient très structurés, surtout lorsque je les compare à mes entraînements en course, réglés au quart de tour, mais j'ai tout de même suivi un plan général qui m'a permis de ne pas me blesser et de soigner les petits bobos qui me restait, et, surtout, de retrouver la forme.

Depuis deux semaines, j'ai remis l'accent sur des séances d'escalade plus "typiques", en grimpant progressivement des voies de plus en plus difficles, et en essayant une ou deux voies près de ma limite à vue ou légèrement au-dessus. Ça me fait du bien, car je sais que je peux les réussir ces voies en deux ou trois essais, et j'ai personnellement besoin de petites réussites pour m'améliorer. Chaque voie réussie me motive à continuer et m'aide à améliorer ma concentration, surtout dans les fins des voies.

Donc, à une semaine de mon départ pour la Grèce - et je vous dis cela tout en préparant doucement mes valises - je me sens fin prête. J'ai couru un 10 km hier soir au soleil plombant, dans une foule de 10 000 personnes. J'ai réussi, malgré une mauvaise grippe qui m'a mis au carreau toute la semaine, à le faire en moins de 60 minutes (il faut savoir que je suis une piètre coureuse, alors c'est pour moi un exploit!). Je n'ai pas réussi mon examen d'admission à la maîtrise, mais je crois m'être assez bien débrouillée et j'y mettrai plus d'énergie l'an prochain. Enfin, j'ai réussi quelques 5.11 + à l'extérieur et au gym, sans être fatiguée le soir en allant me coucher, ce qui m'indique que je peux encore aller plus loin.

Si je n'avais eu qu'un seul objectif, j'aurais pu me donner à fond pour atteindre celui-ci et peut-être obtenir des résultats supérieurs. Mais je suis fière d'être parvenue à gérer parrallèlement trois gros projets, malgré le stress et la fatigue engendrée.

Aujourd'hui, je me suis levée le sourire aux lèvres et les jambes lourdes. La semaine qui m'attend en est une de repos. Je ne courrai pas trop, je ne grimperai pas trop. C'est la période de surcompensation qui commence, et je crois avoir assez bien géré mes efforts et mes repos pour que les prochaines semaines soient remplies d'autres belles réussites.

Le "Chapeau magique" ('Send hat') pour un week-end à Rumney réussi



Merci à Katerine Martin, Marianne Girard, Frédéric Lapointe, Catherine Gieysztor, Olivier Plamondon, Caroline Craig,  Tatiana Picard, Christiane Palluau, Mìchèle Conlin, Mike Johnston, et à tous les autres qui m'ont motivée, encouragée, inpirée et accompagnée au cours des dernières semaines. J'ai eu beaucoup de plaisir, mais je dois admettre que je n'ai pas toujours été des plus faciles à vivre - parfois irritable ou impatiente en raison du stress et de la fatigue -, et vous m'avez tous aidés, chacun à votre façon. :)

jeudi 19 avril 2012

L'endurance fondamentale en escalade



Entraînement de du lundi 16 avril 2012 : endurance fondamentale.

Échauffement Général : 10 minutes
Sauts à la corde, jumping jack, ballistique, push up, doigts, rotations d'épaule

Échauffement spécifique : 5 minutes
Traverses faciles

Séance: 1 h (2 h en tout pour assurer le partenaire)
3 fois 20 minutes de grimpe en continu

Présentation
À l'instar de plusieurs autres sports de longue haleine, l'endurance fondamentale peut se révéler très utile en escalade, surtout pour les grimpeurs de voies. Pourtant, c'est un aspect souvent négligé, et même totalement ignoré par la plupart des grimpeurs. Pourquoi? Parce que cela demande de faire des mouvements très faciles sur une longue durée, ce qui va souvent à l'encontre de l'escalade moderne (faire les trucs les plus durs possibles). Les bienfaits d'un entraînement type comme celui présenté sont toutefois incroyables!

Cet entraînement est tiré du site d'Eric Horst, le gourou de l'entraînement en escalade. Il y suggère un cycle d'entraînement de 10 semaines qui commencent par quatre semaine d'endurance, suivies de trois semaine de force et de deux semaines de résistance (power endurance) et qui se termine par une semaine de repos.

Le terme "endurance fondamentale" vient en fait la course à pied. On entend plus souvent parler d'endurance - tout simplement - dans le monde de la grimpe. Toutefois, l'endurance, comme les autres filières énergétiques (p. ex. force, résistance) se subdivise en de nombreuses sous-catégories. J'ai donc trouvé que ce terme convenait parfaitement à la séance proposée par Eric Horst.

En endurance fondamentale, comparativement à l'endurance active, les bras ne sont jamais "pompés" (avoir les bouteilles, en France). Si l'endurance en soit signifie simplement que l'on enchaîne plus de 40 mouvements, l'endurance fondamentale se situe plutôt à plus de 200 mouvements.

Au cours de l'entraînement, votre rythme cardiaque devrait normalement se situer entre 60 et 75 % de votre force cardiaque maximale (FCM). La formule la plus connue pour calculer la FCM, et la plus simple est : FC max = 220 – age. Cette formule n’est pas fiable, elle constitue simplement un point de repère si vous ne voulez pas faire un test plus précis auprès d'un professionnel. Elle est basée sur un système de moyenne, qui émane de données dispersées. (Source: http://www.conseils-courseapied.com/physiologie/frequence-cardiaque-entrainement-course-a-pied.html)

Personnellement, je n'ai jamais utilisé de moniteur de fréquence cardiaque pour mes entraînements d'escalade, mais je pense le faire éventuellement. Ce serait une bonne façon de mesurer l'effort fourni et d'éviter les blessures. En effet, celles-ci surviennent le plus souvent lorsque l'effort avoisine les 80% de la FCM et le dépasse sur une trop longue durée.

Eric Horst conseille de faire ce genre d'entraînement (3 fois 20 minutes ou 2 fois 30 minutes en continu) 3 à 4 fois par semaine pendant 4 semaines. Personnellement, je ne peux pas le faire plus de deux fois semaines, principalement en raison de mon type de peau. J'essaie donc de compléter par une ou deux journées à l'extérieur ou par une journée libre à l'intérieur.

Détails
L'entraînement se fait en moulinette. Pourquoi? D'abord, surtout parce que c'est plus rapide et plus pratique. On grimpe, on prend à sec, on redescent très vite et on repart. On peut bien sûr d'abord grimper la voie en tête et ensuite continuer en moulinette pour le temps qu'il reste. L'important, c'est que les voies soient assez faciles pour ne jamais avoir mal et ne jamais tomber. Il ne FAUT PAS tomber, sinon, on ne travaille pas la bonne filière énergétique. On peut varier les vitesses pour travailler divers aspects de la grimpe, grimper très lentement, puis très vite. Cependant, si l'on va trop vite, on risque de faire monter le rythme cardiaque au-delà du rythme visé (60 à 75% de la FCM).

Je trouve aussi plus agréable de choisir un endroit où il y a plusieurs voies au niveau visé (par exemple, pour moi, 5.7-5.8-5.9) que l'on peut enchaîner une après l'autre. C'est moins lassant. On peut aussi prendre toutes les prises ou en profiter pour faire des exercices de gestuelle (placer les pieds sans faire de bruit, faire des petits pas, etc.). Enfin, tout est possible, tant que l'on grimpe pendant 20 à 30 minutes. Dans une séance normale, il est facile de grimper 20 à 40 voies sans jamais avoir les bras gonflés et endoloris. C'est génial!

C'est la troisième fois que je fais ce type d'entraînement, et chaque fois j'ai eu des résultats très positifs. Le plus difficile, c'est de trouve un partenaire avec qui le faire, et de se forcer faire plusieurs séances (bref, être déterminé).

Les premières fois, je trouvais cela très difficile, mentalement, de rester sur le mur 20 minutes. Il fallait que mon partenaire me pousse et m'encourage, me crie après même. Cependant, après deux ou trois séances, j'ai commencé à aimer cela et j'ai ressentit une amélioration immédiate.

Voici quelques uns des bienfaits que j'ai notés :

- amélioration de l'endurance (évidemment!)
- amélioration gestuelle (repos, pose de pied, respiration, mémorisation des mouvements)
- amélioration générale du mental (concentration, confiance, être calme)
- récupération accrue

Entraîner l'endurance fondamentale aide beaucoup à améliorer l'aspect mental de l'escalade. D'abord, parce que l'entraînement se termine toujours par une "réussite", ce qui permet d'augmenter la confiance. Ensuite, parce que l'on s'habitue à rester concentré longtemps, à ne pas lâcher, et on entre dans une "zone" assez particulière où il n'existe plus rien que le prochain mouvement.

Alors voilà ce que j'ai fait lundi, en préparation de mon voyage en Grèce dans un mois et demi. J'ai sué, j'ai bougé, et j'ai enchaîné 25 voies en 5.7-5.8 sans aucune douleur (à part mes doigts qui continuent à enfler, mais bon).
Avant de commencer ce type d'entraînement, assurez-vous qu'il convient à vos besoins. Posez-vous quelques questions. Avez-vous tendance à tomber à la fin des voies? Avez-vous du mal à récupérer après une voie ou après une séance? Est-ce que vous devez immédiatement "pompé" au moindre dévers. Grimpez-vous moins de 6 voies dans un séance au gym? Si vous répondez non à la plupart des questions, vous avez probablement déjà une bonne dose d'endurance, et un entraînement axé sur la force ou la résistance serait peut-être plus avisé. Si vous avez répondu oui, je vous conseille de vous trouverz un partenaire motivé le plus vite possible avant que la saison de grimpe extérieur ne batte son plein!

Pour en savoir plus, je vous suggère d'aller lire le site d'Eric Horst (en anglais seulement)(http://www.bodyresults.com/s2endurance.asp) ou de consulter certains de ses livres.

Je vous invite également à lire un billet précédent que j'ai écris sur l'entraînement en général et sur la façon de cerner ses objectifs: http://lefildaryane-trouversavoie.blogspot.ca/2010/05/sentrainer-mais-par-ou-commencer.html

Bon entraînement à tous!

vendredi 23 mars 2012

Amis de la planète, manifestez-vous!

Bon, vous n'allez peut-être pas me croire - et je suis la première étonnée -, mais il y a 5497 pages de mon blog qui ont été lues depuis que j'ai commencé à l'écrire, il y a de un peu moins de deux ans. Mais le plus étonnant, c'est que j'ai découvert qu'il était possible de savoir de quel pays provenait les visiteurs. Sans étonnement, je constate que la majorité sont au Canada; je ne me serais pas attendue à autre chose. La surprise, c'est qu'il y une grande partie de visiteurs Français (ou peut-être des Québécois en France), Américains, Belges, Russes... voyez vous-même la liste ci-dessous, même des Slovènes. Je suis abasourdie! Et pourtant, rarement de commentaires, bons ou mauvais. Des lecteurs fantômes... à moins qu'ils soient simplement tombé sur le blog pour très vite passer à autre chose.

Enfin, si vous prenez la peine de lire ceci, s'il-vous-plait, laissez-moi un petit commentaire! Ce qui vous passe par la tête! Votre nom, votre pointure de chausson, votre marque favorite, vos spots favoris. N'importe quoi, vraiment. Amis de la planète, grimpeurs et grimpeuses, manifestez-vous!


Canada
  3 264
France 
1 107
États-Unis
  193
Belgique 
128
Allemagne 
115
Russie  
86
Suisse  
83
Pays-Bas
   37
Royaume-Uni  
32
Slovénie
  26

Le soleil des îles m'appelle! Kalymnos, j'arrive!

Le retour du soleil, un peu précipité en ce mois de mars d'ordinaire hivernal, nous invite instantanément à mettre le nez dehors, à vélo, à pied ou peu importe la façon! Même certaines terrasses ont sorti leurs tables, ce signe québécois incontestable que nous plongeons dans l'été à pied joints! Comme si l'appel de l'été n'était pas suffisant, je me suis remise à la course et au vélo, et j'ai acheté mes billets pour Kalymnos! Je pars trois semaines en juin avec cette chère Katerine Martin, sa petite fille de deux ans et sa mère.

Bon je sais, juin, ce n'est peut-être pas le mois idéal pour aller en Grèce, il va faire chaud et on va suer en masse! Je n'avais pas beaucoup de flexibilité pour les dates, et j'avais vraiment besoin de vacances; en plus, ça coïncidais avec les disponibilités de Katerine, avec qui j'essaie je planifier ce voyage depuis quelques mois. J'essaierai de vous garder au courant de nos prouesses pendant le voyage, et je vous dirai si oui ou non, ça vaut la peine d'y aller à cette période de l'année.

Donc, motivées par notre nouveau projet de voyage, nous devons maintenant nous remettre un peu dans le bain pour être d'attaque. Kat vient d'arrêter pendant près de deux mois à cause d'un doigt bien enflé et raide, et moi je ne grimpe plus qu'à un jour semaine (en bloc) depuis plusieurs mois. Avec trois mois devant nous, on s'est dit qu'on n'avait pas trop besoin de se presser. Moi, parce que je ne suis pas tellement du genre à m'entraîner pour un voyage, en général, je veux juste profiter du voyage et faire le plus de voies possibles. Kat, parce qu'elle, peut importe ce qu'elle fait, elle est super forte! Pouah, j'espère que tu lis ça Kat!

Armée de notre super adhésion du Club alpin de l'outaouais, on a décidé de continuer à jouer les fonctionnaires cheap en grimpant deux jours semaines. Une journée de voies à Altitude, une journée d'entraînement à Vertical Reality (avec l'abonnement CAC, on grimpe à moitié prix les lundis à Altitude, les mercredis au Coyote et les jeudis au VR) . Comme les gyms en Outaouais sont très différents, ça permet de varier. Pour se remettre dedans, on fait du volume. On a pas un plan très clair d'établi, surtout que nous avons toutes les deux des forces et des faiblesses très différentes. Kat est statique, avec une endurance assez phénoménale. Moi, je suis toute en puissance et en force, avec une endurance plutôt moyenne.

Pour contrer cela, je me suis mise à la natation et à la course cette année. Mais malgré tous les efforts mis à améliorer mon cardio - et il s'améliore, je vous le dis - Kat a encore 1 fois et demi à 2 fois plus d'endurance que moi. J'ai quand même bon espoir de la rattrapper d'ici juin et d'arriver à la suivre dans ses projets, pour une fois que ce ne sera pas moi qui va poser les moulinettes!

Kalymnos est connu pour avoir des voies très longues, ce qui ne cadre pas avec mon style habituel. Quand j'ai appris qu'il y avait des voies à 20 dégaines, j'ai failli m'évanouir. Vingt dégaines?!? Ha ben là, je vais en grimper une par jour à ce prix-là! Ouf, je suis déjà épuisée rien que d'y penser. Sans blague, j'aime les longues voies en multi-pitch, des longues voies faciles, mais pas 35 mètre de gros dévers! Enfin, on verra bien, peut-être qu'avec son magnifique calcaire, ses colonettes et ses stalactites, la Grèce va me faire changer d'avis.

Donc, même si mon plan d'entraînement est plutôt confus pour l'instant, je sais que je dois faire du volume, de l'endurance, de la "conti" comme disent les français (je n'ai jamais compris la différence entre conti et endurance, j'aimerais bien qu'on me l'explique). L'endurance, par contre, je connais. En terme de mouvement, c'est plus de 40 mouvements. Pour moi, l'idéal pour améliorer l'endurance, c'est de faire 20 à 30 minutes en continu en moulinette, en répétant plusieurs fois. Mais pour l'instant, on a décidé de commencer encore plus molo, en grimpant 2-3 voies de suite (deux lundi de suite), jusqu'à un total de 10-12 voies en 2h (en tout). Il faut dire que les prises toutes neuves à Altitude ne sont pas très invitante pour un vingt minute en continu. Elles font vraiment mal aux mains, même pour un grimpeur expérimenté!

Puis, les jeudis (deux fois jusqu'à maintenant), on s'est fait des séries de longues traverses à VR. Cinq minutes de traverses, 7 minutes, 10 minutes, 10 minutes, 10 minutes, etc., avec des repos d'environ la moitié du temps. Le tout suivi de quelques abdos et exercices pour renforcer la chaine abdominale (gainage) et entrecoupé de quelques tractions pour voir si on peut encore en faire (bof...). Évidemment, on va orienter une bonne partie de nos entrainements vers les dévers et les gros bacs. De toutes façons, on a assez mal aux doigts toutes les deux, et il n'y a pas trop de réglettes en Grèce, à ce qu'on dit.

Bref, de petites séances pour l'instant, qui vont probablement s'intensifier au fil des semaines. Je vous tiendrai au courant!

dimanche 29 janvier 2012

Faits divers

Alors, qu'est-ce qui se passe de bon avec Aryane, vous demandez-vous? C'est vrai que je suis un peu disparue de la scène cette année, je l'admet, mais je regarde de loin ce qui se passe. Mon intérêt pour l'escalade n'a en rien diminué, mais j'ai commencé à écouter mon corps, et il m'a dit "hé, la grande, tu vas arrêter de me maganer comme ça, sinon, plus de grimpe pour toi!" Alors je l'ai écouté... pour une fois. Donc, je continue à grimper une ou deux fois par semaine, histoire de garder la forme, mais dès qu'un petit bobo se présente (douleur aux doigt, au genou ou ailleurs), j'arrête une semaine. Ce qui est bien, c'est que je maintient plus ou moins mon niveau, donc c'est encourageant.

Entre temps, je me suis mise à la nage une fois par semaine, au vélo hivernal, une fois par semaine, et à la randonnée ou au ski de fond, une fois par semaine. Vous avez deviné, j'ai envie de me lancer dans l'aventure du triathlon! J'ai deux objectif principaux en sport cette année: faire un triathlon Sprint (750 m de nage, 20 km de vélo et 5km de course) et un demi marathon (21 km). L'an dernier, je me suis préparée à courir cette distance, mais la fatigue et des douleurs articulaires m'ont fait renoncé. J'ai donc couru un 10 km, en octobre dernier, en me disant que c'était parti remise.

Bon, et maintenant, côté escalade, qu'est-ce qui se passe? Sans participer, je regarde les résultats assidument, et je suis bien heureuse de voir que le niveau a encore augmenté cette année chez les dames. On a réellement atteint un niveau compétitif à présent. Avec près de 40 participantes à Climber's Rock il y a deux semaines, on est maintenant à une femme pour deux hommes (avant, c'était une pour trois, et même moins).

Il y a quelques années, c'était presque facile de faire des finales pour une fille. Maintenant, ce n'est plus tellement le cas. Hier, à Montréal, on retrouvait de grandes vétérantes : Thomasina Pidgeon (aller voir sa fiche sur 8a.nu, vous saurez que c'est la deuxième au monde chez les dames en bloc, et la 4e au Canada hommes et femmes confondus), Marieta Akalski, Mélissa Lacasse, Mélanie Mercier, Catherine Laflamme et Lisa Lajoie. Cloé Legault, une des étoiles montantes cette année (première à Climber's Rock et au Coyote Fall Classic) n'a pas passé en finales. C'est donc dire que la compétition était féroce. Et c'est ce qui devient excitant! On ne peut plus dire "Toi, c'est sûr que tu fais les finales". Rien n'est sûr. Il faut s'entraîner, avoir une bonne tactique et avoir une bonne journée.

Chez les hommes, les finalistes varient toujours un peu plus, mais plusieurs d'entre eux ont réussi à faire de nombreuses finales cette année. Entre autres visages familiers de l'année, notons Fred Charron, Ayo Sopeju, Florent Balsez, John Bowles et Sébastien Lazure, qui a réussi à décrocher la première place hier.

Ça dû être de belles finales! Je n'étais malheureusement pas là pour y assister, mais voir Mélissa Lacasse et Sébastien Lazure terminer premier dans LEUR GYM, la foule devait être hystérique! D'ailleurs, ils ont tous les deux eu des performances exceptionnelles en qualifications, terminant tous les deux 100 points devant le concurrent en deuxième place dans leur catégorie respective. Ce n'est pas rien!

Il faudra leur demander ce qu'ils mangent à ces deux-là! En tout cas, je suis bien contente de voir Mélissa au sommet de sa forme. Elle qui semble avoir été la reine de la deuxième place ces dernières années (ce qui n'est pas mauvais, je vous l'accorde) mérite amplement de terminer sur la plus haute marche du podium.

Fait intéressant, on peut maintenant voir le classement "général" des compétitions (http://compseason.com/results.comp). Il y avait aussi une compétition junior de voies hier à Grand River Rocks, et Iyma Lamarche, qui a terminée en première place, est la championne toute catégorie. Comme on sait qu'elle est très forte cette année (elle a aussi décroché la première place devant Thomasina Pidgeon à Toronto), on constate que la relève s'annonce féroce. La petite n'a pas 18 ans!

mardi 27 décembre 2011

Es-tu un grimpeur?



Tu sais que té un grimpeur quand

1- Tu regardes la météo qu'il va faire dans chaque ville, même en hiver, au cas où.

2- Sur 300 amis Facebook, il y en a 200 qui ont une photo d'escalade comme photo de profil.

3- Tu fais un party chez toi et y'a un "weirdo" qui arrive en grimpant sur ton balcon.

4- Tu as de la misère à être là aux fêtes de famille : Pâques, Action de Grâces et même Noël!


Tu sais que té un grimpeur motivé quand

1- Tu ne regardes même plus la météo, tu vas grimper même si on prévoit de la pluie. Deux fois sur trois, tu avais raison.

2- Tu as 50 amis en commun avec quelqu'un que tu viens de rencontrer dans un voyage à Squamish.

3- Tu as un mur d'escalade dans ton sous-sol pour tes partys

4- Tu fêtes ton anniversaire en allant grimper avec tes pots dans une salle d'escalade!

Tu sais que tu es vraiment obsédé par la grimpe quand

1- Tu grimpes encore en hiver sur du rocher avec des hot pad, et t'es pas dans un pays chaud!!!

2- Environ 95 % de tes photos sur Facebook sont des photos d'escalade.

3- Ton enfant vient à peine de commencer à parler, et il dit "Allez, allez, monte les pieds".

4- Tu as convaincu toute ta famille de venir fêter Noël à El Potrero Chico!

lundi 26 décembre 2011

Mon premier Noël sans elle

Voilà maintenant 11 mois que tu es partie. Probablement vers des horizons plus doux, entourée d'anges et de musique. Peut-être as-tu même rencontré en chemin Jack Layton, qui lui aussi nous a quitté trop vite, tristement. Les journées continuent, et j'y trouve même encore de la joie. Mais un premier Noël sans toi, ça été la plus dure épreuve depuis ton départ. L'esprit de Noël, c'était toi. Les plus beaux sapins chaque année. Les guirlandes, les boucles cousues à la main, la dinde, la sauce, l'esprit de famille, tout. Cette année, on a fêté quand même. Il fallait bien. Pour toi, j'ai fait un sapin, emballé des cadeaux; j'ai même fait jouer de la musique de Noël chez moi. Je n'avais jamais fait cela, depuis toutes ces années où j'habite seule et loin. Jamais je n'avais décoré mon chez-moi. Je l'ai fait pour toi, pour que tu viennes me voir et que tu sois heureuse. Et tu es venue me voir, dans mes rêves. Mais la tristesse s'est tout de même emparée de moi. Elle s'est immiscée tranquillement, subtilement. J'ai fait semblant de ne pas être trop triste, mais mon corps a refusé de suivre. La fatigue s'est installée à la place des larmes, comme pour faire changement.

Je sais que demain, après-demain ou l'an prochain, les choses iront mieux. Je sais que certains jours je me réveillerai sans être triste. Je sais que la vie continue. Vraiment? Oui, elle continue, un battement à la fois, un rêve à la fois... Il faut bien y croire, sinon à quoi bon.

Aujourd'hui, je suis allée retrouvé mon viel amour, l'escalade. Cet ami, cet amant, qui est toujours là quand j'en ai besoin. L'odeur du gym, son air plein de magnésie et de poussière - et pourtant si chaleureux - les gens qui s'entraînent et crient, le mouvement, la respiration, la concentration. Dans les moments difficiles, il me reste toujours l'escalade, heureusement. Cette passion qui me rappelle à chaque instant de vivre le moment présent et de persévérer, un mouvement à la fois.

Joyeux Noël Maman, où que tu sois.


xxx